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Artères et nerfs du cou et de la face. © MNHN - Bernard Faye
Artères et nerfs du cou et de la face. © MNHN - Bernard Faye

Vivre mieux, plus longtemps, bientôt possible ?

Découverte

Déjà, des souris ont vu leurs vies en bonne santé prolongées grâce à une modification génétique ciblée des neurones !

Memento mori

De tous temps, l’Homme a cherché à prolonger sa vie dans une quête de l’éternel. La conscience de notre propre finitude nous effraie et pousse la science à étudier le phénomène de vieillissement pour comprendre son fonctionnement, dans l’espoir de déjouer la mécanique du temps. Une étude récente produite par une équipe mixte de chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS, a mis en évidence le rôle du cerveau dans l'espérence de vie et l’état de santé au cours du vieillissement. Mieux encore, l’étude révèle une méthode pour ralentir ce processus naturel et prolonger la vie.

Alea jacta est

Qu’est-ce que le vieillissement ? Au cours de la vie, le temps passant, notre corps subit une série de modifications dont résulte une perte progressive de l’efficacité de nos systèmes physiologiques et de nos organes, qui deviennent de moins en moins fonctionnels, jusqu’à la mort. Nos tissus, pour assurer l’intégrité de l’organisme, se renouvellent tous en continu à l’exception du cerveau. Mais en vieillissant, cette capacité régénérative se détériore inexorablement. Seulement, face à l’âge, nous ne sommes pas tous égaux. Certains vieillissent plus vite que d’autres. En cause, des facteurs environnementaux et génétiques dont le mode d’action reste mal connu. Quant au cerveau, qui contrôle les paramètres physiologiques tels que le métabolisme et l’équilibre hormonal, il pourrait avoir une influence majeure sur notre longévité.

Ad vitam aeternam

L’étude des scientifiques du MNHN et du CNRS, publiée dans la revue Aging, révèle qu’en modifiant génétiquement les neurones inhibiteurs du cerveau - neurones GABAergiques – il est possible de prolonger l’espérance de vie en bonne santé. Les neurones dont il est question sont présents dans tout le cerveau et jouent le rôle de modulateurs de l’activité cérébrale. 

Testée sur des souris, la modification génétique ciblée a permis de prolonger de 30 % la durée de leurs vies, en améliorant leur vieillissement biologique. Un exploit ! On a observé que les souris génétiquement modifiées conservent une meilleure motricité et un pelage plus beau que les souris témoins, mais aussi une masse graisseuse plus faible, ce qui prévient de l’apparition de maladies métaboliques et contribue au vieillissement en bonne santé.

Souris témoin et souris génétiquement modifiée. © MNHN - S. Levi, N. Narboux-Nême

Carpe diem

Ces résultats encourageants permettent de mieux comprendre le rôle du cerveau dans le vieillissement du corps. Ils ouvrent la voie à l’élaboration de nouvelles stratégies thérapeutiques pouvant améliorer notre santé et notre vie. Nous vivons une ère passionnante de découvertes et des horizons nouveaux s’offrent à nous pour prévenir, retarder ou même, dans certains cas, inverser les pathologies liées au vieillissement. Cependant, point de vie éternelle pour le moment, mettons donc à profit le jour présent.

Référence

De Lombares C., Heude E., Alfama G., Fontaine A., Hassouna R., Vernochet C., de Chaumont F., Olivo-Marin C., Ey E., Parnaudeau S., Tronche F., Bourgeron T., Luquet S., Levi G. and Narboux-Nême N.

Dlx5 and Dlx6 expression in GABAergic neurons controls behavior, metabolism, healthy aging and lifespan. Aging, 2019. https://doi.org/10.1101/583708

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