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Vues du site de la Grotte des Rhinocéros en cours de fouilles en 1991 et 2006 (Carrière Oulad Hamida 1, Casablanca) © Jean-Paul Raynal
Vues du site de la Grotte des Rhinocéros en cours de fouilles en 1991 et 2006 (Carrière Oulad Hamida 1, Casablanca) © Jean-Paul Raynal

Une boucherie vieille de 700 000 ans découverte au Maroc

Découverte

Un ensemble d’ossements d’animaux consommés par des hommes a été découvert dans une grotte à Casablanca au Maroc. Ces vestiges fossiles sont les plus anciens témoignages d’une boucherie en grotte sur le continent africain.

Des restes de mammifères, des ossements d’antilopes, et de zèbres portant des marques de boucherie, des outils en pierre comme des bifaces et des hachereaux, et même un reste humain… Tous ces éléments ont été découverts dans une cavité baptisée la Grotte des Rhinocéros située à Casablanca au Maroc, par une équipe franco-marocaine réunissant des scientifiques de l’INSAP, du CNRS, du MNHN, du Max Planck Institute et des Universités de Bordeaux et Paul Valéry Montpellier 3. Des découvertes importantes puisqu’elles nous expliquent comment subsistaient les hominines d’Afrique du Nord au début du Pléistocène moyen, il y a environ 700 000 ans.

Jusqu’alors, les plus anciens témoignages de consommation de viande sur le continent africain remontaient entre 3 et 2 millions d’années dans des sites de plein air. Des carcasses charognées, traitées et consommées directement sur site. Ce n’est qu’à la période de l’Acheuléen (qui débute il y a environ 1,8 million d’années en Afrique), que des comportements plus structurés, au niveau notamment de la gestion de l’espace et de la matière première, se mettent en place. Les éléments retrouvés dans la Grotte des Rhinocéros témoignent de la prédation, de la découpe et du transport de viande dans des lieux d’occupation fréquentés régulièrement et sur de plus longues durées, ici en contexte de grotte.

Ce sont spécifiquement 37 ossements qui ont intéressé les scientifiques et qui témoignent bel et bien d’activités de boucherie, avec une utilisation minutieuse d’outils en pierre. On retrouve sur ces ossements d’herbivores des stries, des impacts de percussion, et même des traces de dents humaines. Ces animaux ont été dépouillés, désarticulés, décharnés, pour consommer la viande, comme la moelle des os.

On a également retrouvé dans la grotte de nombreux autres restes de mammifères, mais qui ont été consommés par les autres prédateurs et charognards de l’époque : hyènes, panthères et chacals. A cette période, la compétition entre les hommes et les autres animaux est forte, tant pour les ressources en nourriture que pour les habitats. Sur un site voisin et de la même époque que cette plus ancienne boucherie africaine, de nombreux restes humains ont été découverts, notamment un fragment de fémur présentant des traces de consommation par un grand carnivore, probablement une hyène…

Lire l’article : www.nature.com/articles/s41598-020-61580-4

Voir l'actualité sur le site de l'INEE-CNRS 

Traces de dents humaines et marques de boucherie antérieures sur un fragment de côte d’Alcelaphini (Parmularius sp.) © Camille Daujeard et Gildas Merceron

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