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Pascale Galibert, Restitution hypothétique de « La Folie », 2009. Crayon et mine de plomb sur papier, colorisation sur Photoshop. © Inrap
Pascale Galibert, Restitution hypothétique de « La Folie », 2009. Crayon et mine de plomb sur papier, colorisation sur Photoshop. © Inrap

Le quotidien des chasseurs-cueilleurs nomades néandertaliens

Contrairement aux idées reçues, Néandertal ne vivait pas au fond des cavernes…

Visite d’un campement de base

Contrairement aux idées reçues, Néandertal ne vivait pas au fond de cavernes mais à l’entrée des grottes, des abris sous-roche et possédait le savoir-faire nécessaire à la construction d’abris temporaires, utilisés lors de ses déplacements saisonniers pour suivre le gibier, récolter des végétaux ou s’approvisionner en silex. Le site au lieu-dit « La Folie », situé au nord de Poitiers, est un exceptionnel témoignage d’un campement de base dans un abri coupevent circulaire. Les exemples de structures en plein air sont rares car les matériaux utilisés (bois, végétaux, peaux…) pour construire huttes, tentes ou cabanes, ne se conservent pas.

Le campement de « La Folie » a été partiellement reconstitué dans l'exposition à l’échelle réelle (10 m de diamètre). Le sol est carroyé comme sur un site de fouilles, avec indication des différentes aires d’occupation : poste de taille, aire de travail des peaux, foyer et litière. Deux vitrines au sol présentent les objets lithiques précisément trouvés à ces endroits, ainsi que le système de fixation au sol des poteaux de bois tenant la palissade. Une fresque murale représente le site en élévation et les silhouettes de ses occupants dans leurs différentes activités.

Un quotidien rythmé par des activités de subsistance

Pour leur survie les Néandertaliens exploitaient toutes les ressources : la faune, la flore et les minéraux. Ils pratiquaient la cueillette, la collecte, la pêche, la chasse et parfois le charognage. L’efficacité des comportements de subsistance suppose une bonne connaissance des matières premières disponibles et une bonne trousse à outils pour les utiliser, brutes ou transformées. Objets lithiques, projections et illustrations retracent le quotidien de Néandertal. Un diorama de l’abri sous-roche « Romani » en Espagne et la maquette d’une cabane construite en os de mammouths, située à Molodova en Ukraine, évoquent ses autres structures d’habitat.

Pascale Galibert, Restitution hypothétique de « La Folie », 2009. Crayon et mine de plomb sur papier, colorisation sur Photoshop. © Inrap

D’habiles artisans de la pierre

Racloirs, bifaces, éclats, pointes et lames en pierre ; lissoirs et retouchoirs en os… voilà ce que l’on retrouve sur les sites néandertaliens. En majorité il s’agit d’outils usagés qui ont été jetés. Sous vitrine, 11 outils, issus du site de « La Folie », composent la besace idéale de Néandertal. Il y transportait ce dont il avait besoin au quotidien : une réserve de matière première, quelques éclats frais bien coupants ; 2, 3 racloirs pour couper la viande ou tailler le bois, des lissoirs pour travailler les peaux et des retouchoirs pour redonner du tranchant. Ces outils témoignent de la maîtrise de la taille des roches dures par percussion et de la faculté de Néandertal à façonner les instruments adaptés à ses différentes activités.

De grands chasseurs

Sous tous les climats et à toutes les latitudes les Néandertaliens ont chassé le bison, le cheval, le renne, le bouquetin, le chamois et plus à l’Est le mammouth, l’antilope saïga… Ils chassaient également les carnivores, le renard, le loup et l’ours pour la fourrure et ils ne négligeaient pas le petit gibier (lièvres, oiseaux…). S’il existe de nombreuses traces d’activité de chasse et de boucherie sur les carcasses, il est vraisemblable que Néandertal a pratiqué également le charognage sur des animaux difficiles à tuer (mammouths, rhinocéros) et consommé des animaux marins échoués sur les plages (phoques, dauphins). Un montage d’images à partir d’extraits de docu-fictions restitue des scènes de chasse et de dépeçage du bison et des scènes de pêche.

Pour chasser il faut des armes : épieux en bois, bolas, couteaux, lances à pointe en pierre. Avec cet armement rudimentaire il était nécessaire d’avoir des stratégies pour s’approcher du gibier, de connaître ses habitudes, les lieux propices à sa capture et son anatomie. L’analyse des traces laissées sur les outils attestent d’une chaîne opératoire pour une bonne utilisation du gibier, dont on récupère la viande, la graisse, la peau et les os mais aussi les ligaments et les nerfs pour faire des liens.

Bison, © MNHN - JC Domenech

Bison, © MNHN - JC Domenech

Et au menu de la viande… mais pas seulement

Gros mangeurs de viande (en témoignent l’analyse des restes osseux d’animaux dans les sites archéologiques), les Néandertaliens se nourrissent de la chair et de la graisse des grands herbivores : le cheval, le bison, le renne… en majorité. Les techniques d’analyse du collagène osseux et des microparticules du tartre dentaire permettent aujourd’hui de restituer avec plus de finesse le menu des Néandertaliens. Leur alimentation était beaucoup plus variée qu’on ne le supposait et comprenait également des plantes sauvages, crues ou cuites, des fruits, des poissons d’eau douce et des coquillages.

Quiz : qui était Néandertal ?

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Quiz réalisé avec Paris Mômes