Né des besoins d’une science typique de la fin du XVIIIe siècle appelée "phrénologie", le moulage sur le vivant se développe pour capturer la physionomie et la forme du crâne. La technique du moulage en plâtre apparaît bien avant la photographie et permet de rapporter au laboratoire les reproductions tridimensionnelles de sujets vivants "sans déguisement et sans art, telles enfin que les réclament les besoins de l’anthropologie".


Historique 
La collection rassemble des pièces historiques constituées en grande partie au cours du développement de la phrénologie en France au XIXe siècle. Elle s'enrichit grâce à son fondateur, le neurologue Franz-Joseph Gall (1758-1828), qui réunit une première série de moulages et de crânes, et à son élève, Pierre-Marie Alexandre Dumoutier (1797-1871), qui étend la phrénologie aux peuples lointains ; il rapporte, à la faveur de sa participation à l’expédition de Dumont d’Urville, de nombreuses pièces. L’ensemble sera ensuite élargi par divers échanges et dons qui font de cette collection un témoignage saisissant de l’humanité dans la première moitié du XIXsiècle. Paul Broca (1824-1880), fondateur de la Société d’Anthropologie de Paris et détracteur de la phrénologie (au motif qu’elle ne traite que de comportements abstraits), démontre la première localisation d’une fonction physiologique dans le cerveau, celle de la parole.

Présentation
L’hypothèse de Gall était que les fonctions intellectuelles de l’homme, son caractère et ses instincts auraient leur siège dans des régions précises du cerveau. Selon que vices ou vertus avaient une plus ou moins grande part dans l’architecture cérébrale, la cranioscopie se faisait fort, par la palpation des bosses ou des dépressions crâniennes, de déterminer le caractère du sujet. Les anthropologues du Muséum montrèrent assez vite que cette doctrine, qui connaissait un grand engouement, n’avait pas de fondement objectif. Gall avait pris soin de réunir des sujets qui se distinguaient soit par leur talent (artistique, professionnel, politique…), soit par leurs instincts criminels, soit par leurs maladies mentales. Plusieurs centaines de bustes de plâtre blanc illustrent son activité, et lui-même demande qu’à sa mort son crâne vienne rejoindre sa collection. Les bustes dits ethnographiques sont, eux, coloriés et représentent quasiment l’ensemble de la diversité humaine. La collection comporte en outre les premières reconstitutions faciales d’hommes préhistoriques (Cro-Magnon et Néandertal). Enfin les sculptures du célèbre Charles Cordier (1827-1905) se démarquent des moulages en insufflant une expressivité saisissante à ses modèles.

Activités
Les moulages sont aujourd’hui un témoignage de l’histoire des sciences. De nombreux historiens, qui s’intéressent à la philosophie des sciences ou à la biographie de personnages particuliers, viennent consulter cet ensemble.