La collection ostéologique de restes humains est très diversifiée : plus de 1 000 squelettes dont 360 articulés, 18 000 crânes, dont certains appartiennent à des personnages célèbres (Descartes, Saint-Simon, Voigtländer, etc.).


Présentation
Cette collection comporte plus de 2 000 cas de pathologie osseuse (acromégalie, rachitisme, leontiasis ossea, syphilis, fractures et lésions d’origines diverses, trépanations, déformations intentionnelles, etc.), ainsi que 230 préparations anatomiques, un ensemble exceptionnel de crânes et de squelettes d’âge connu (dont la collection Portal et 140 squelettes de fœtus), des pièces précieuses d’ethno-anthropologie (crânes gravés, surmodelés, têtes réduites ou "tsantsas" de l’Équateur, etc.).

Historique
La collection d’anthropologie prend naissance avec le Cabinet du Roi, attaché à la chaire d’anatomie et de chirurgie du Jardin du Roi (aujourd'hui appelé Jardin des Plantes). Il s’agit alors de quelques préparations anatomiques, de pièces pathologiques et de modèles de cire. Après la Révolution, la création du Muséum permet de constituer des ensembles plus systématiques. En France, de nombreuses pièces ont été récupérées lors des grands travaux ordonnés par le préfet Georges Haussmann (1809-1891) et lorsque les cimetières ont été déplacés. Les grandes expéditions du Muséum rapportent, quant à elles, outre des plantes et des animaux, de nombreux objets ethnographiques (à présent au Musée du Quai Branly) et des restes osseux provenant notamment de fouilles archéologiques.

Activités
La collection de restes humains modernes est le support de nombreuses études en anthropologie, médecine, stomatologie (dentaire), paléontologie humaine et génétique des populations. Les collections de référence d’anatomie constituent de précieux outils de recherche dans le domaine de l’anthropologie biologique. L’anthropobiologie a ainsi pu montrer que le concept de races humaines, utilisé autrefois pour mieux classer les variations dans l’espèce humaine, n’était d’aucune utilité scientifique car il introduisait des discontinuités artificielles au sein de la variation humaine, qui est continue. Aujourd’hui, les enquêtes génétiques et biométriques (étude des mesures du corps) effectuées parmi les divers groupes humains sont centrées sur les mécanismes de l’évolution humaine récente, les migrations de populations qui ont abouti à la mise en place des populations actuelles, les transformations biologiques de l’Homme moderne et les problèmes de croissance, de nutrition et de santé.