Le passage d’une économie de subsistance basée sur la chasse, la pêche et la cueillette à une économie de production, sous-entendant la domestication des animaux et des plantes, voit le jour au IXe millénaire av. J.C. Cette mutation dénommée « Néolithique » engendre un mode de vie sédentaire avec à la clé, une intégration progressive d’éléments novateurs, comme la céramique et le polissage. Ces processus pas toujours concomitants se sont produits simultanément à différents endroits du globe.


Présentation
Le Musée de l’Homme possède un des plus importants fonds du Néolithique africain hors d’Afrique. L’Europe et l’Asie sont également représentées, ce qui permet, avec les séries de France métropolitaine, de présenter le Néolithique à l’échelle mondiale. Les collections rassemblées permettent de retracer l’apparition d’une économie de production en Afrique et plus particulièrement au Maghreb et au Sahara. Théodore Monod et Henri Lhote, entre autres, ont rapporté d’importantes séries qui ont contribué à la connaissance de ces régions. D’Asie proviennent des objets tels que des amas coquillers de Samrong Sen au Cambodge datant de l’Âge du bronze et du fer et recueillis par Henri Mansuy et le docteur Paul Roux. Ces collections relèvent parfois de périodes sur le point d’entrer dans l’histoire, permettant parfois de faire le lien avec les témoins matériels sub-contemporains relevant des collections d’Ethnologie.

Historique
Dans les années 1930, afin de créer le futur Musée de l’Homme, les collections de Préhistoire conservées jusque-là dans la galerie d’Anthropologie ainsi que dans les laboratoires du Muséum sont réunies au fonds de l’ex-musée d’Ethnographie du Trocadéro. Les collections de la société d’Anthropologie de Paris (SAAP) et de l’École d’Anthropologie rejoignent le Musée de l’Homme sous forme de dépôt en 1932 et ceux de la société préhistoriques française (SPF) en 1954 et 1980. Depuis, l’accroissement s’est quelque peu ralenti car le produit des fouilles est dorénavant conservé à proximité du lieu de découverte. De la même façon, les objets mis au jour lors de missions associant des chercheurs des pays de l’hémisphère Sud et du Musée de l’Homme demeurent dans leur pays d’origine.

Activités
Certains artefacts sont réexaminés dans le cadre de recherches faisant appel à des méthodes physico-chimiques. La caractérisation de la nature du carbone organique, via l’analyse des isotopes stables, des céramiques du Tassili ramenées par Henri Lhote montre que des graminées sauvages sont utilisées comme dégraissant végétal dans leur fabrication et comme nourriture pour les hommes et les animaux dès le VIIIe millénaire av. J.C. L’analyse de la composition des poignards et des perles en métal provenant de tumuli de la Lozère, qui appartenaient à la collection Prunières, permet de mieux caractériser la production artisanale de la région et confirmer l’appartenance de ces pièces au Chalcolithique et à l’Âge du bronze ancien, datés entre 2600 et 1400 av. J.C. De la même façon, l’étude de la composition des perles en verre provenant d’autres tumuli de Lozère du Bronze final (1880-1400 av. J.C.) indique comme origine probable le gisement de Frattesina, situé dans l’estuaire du Pô en Italie.


Bases de données de collections