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Est-ce que les premiers hommes avaient le "sens du beau" ?

Julie
21 ans
Paris
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Musée de l'hommme
Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Musée de l’Homme

Très tôt Homo sapiens a semblé se soucier de son apparence, et même de l’esthétisme de certains objets de son quotidien. Est-ce la preuve qu’il avait déjà un « sens du beau » ou est-ce synonyme de formes de croyance ?

 

 

Le « beau » n’est pas aisé à définir. Je ne trouve pas forcément beau ce que quelqu’un d’autre trouve beau, et l’Homme actuel ne trouve pas forcément beau ce qu’un Homme vieux de 50 000 ans trouvait beau… Mais il est vrai que nos ancêtres semblaient se soucier de l’apparence des pierres, de leurs outils, ou même de leur propre apparence…

 

Sur des sites très anciens d’Homo habilis ou d’Homo erectus, on retrouve des pierres ou des fossiles parfois distants de plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu d’origine. On pense qu’ils ont été amenés pour leur apparence (forme, couleur, brillance…) qui a pu aiguiser la curiosité de l’Homme, ou son « sens du beau ».

 

Les premiers indices de pensée ou de comportements symboliques datent du Paléolithique moyen (300 000 à 35 000 ans avant notre ère). On retrouve dans des sépultures de Néandertal du jaspe ou du cristal de roche, des colorants noir et rouge, des fossiles ou des curiosités naturelles, et des restes de parures assez simples. Mais c’est à l’époque du Paléolithique supérieur, chez Néandertal et Homo sapiens que l’Art s’inscrit durablement sur la pierre et l’os : sculpture de petits objets en ivoire, de flûtes et de sifflets, parure de dents et de coquillages,  et bien sûr les peintures qui ornent les parois des cavernes.

 

Les raisons qui ont poussé les Hommes préhistoriques à sculpter ses outils ou à peindre les parois des cavernes sont encore discutées : l’art pour l’art, la magie, la religion, le « sens du beau », peut-être un mélange de tout cela.

 

                                                                                                                                                                          Propos recueillis par Rémi Pin  

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