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Est-ce vrai que les roux et les blonds tendent à disparaitre ?

Esther
32 ans
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Musée de l'hommme
Paul Verdu, éco-anthropologue et ethnobiologiste, spécialiste de la génétique des populations humaines - Musée de l’Homme.

Que l’on se rassure, ni les roux, ni les blonds ne sont en voie de disparition ou condamnés à disparaître… 

 

 

Si on entend parfois le contraire, il n’y a pas de base scientifique solide à une supposée « disparition » des phénotypes roux et blond. Sur un plan génétique, certains phénotypes roux tiennent à quelques mutations sur quelques gènes bien connus des chercheurs. Ces gènes sont récessifs par rapport à d’autres gènes que l’on qualifie de dominant.

C’est à dire que pour qu’un individu soit roux, ses deux parents doivent lui avoir transmis les mutations responsables, il les porte en « double exemplaire ».

Si un seul des parents transmet ces mutations et pas l’autre, l’enfant ne sera a priori pas roux mais sera tout de même porteur des mutations « silencieuses » et pourra aussi les transmettre à sa descendance.

Ainsi, ces mutations vont difficilement disparaitre totalement de la population, même si les roux arrêtent complètement de se reproduire…

Si par exemple une société interdit fermement les mariages avec des roux et que cette pratique perdure sur plusieurs générations, alors cette sélection sexuelle diminuera lentement la fréquence des mutations impliquées dans le phénotype roux.

Cependant, ces mutations récessives pourront toujours persister « invisibles » dans la population et des individus roux pourront naitre au hasard des reproductions entre parents porteurs invisibles. Il en va de même pour tout autre phénotype (blond, yeux verts…), y compris certaines maladies génétiques, si les gènes et les mutations qui les déterminent sont récessifs.

 

Propos recueillis par Rémi Pin

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