Ils sont élèves de primaire ou du secondaire, gestionnaires d'espaces verts, naturalistes amateurs ou confirmés, plaisanciers, agriculteurs. Ils se passionnent pour les libellules, la flore du littoral, ou les bourdons. Partout sur le territoire, ils écoutent et baguent des oiseaux communs, prélèvent des échantillons d'eau de mer, prennent des photos d'insectes pollinisateurs, inventorient la flore sauvage de leur ville, enregistrent les ultrasons émis par les chauves-souris.


Depuis maintenant 20 ans, le Muséum fait appel au public pour déceler les signes qui trahissent l'impact du changement global sur la biodiversité. Cette action se déploie sous forme de trois programmes : Vigie-Mer, Vigie-Nature, Vigie-Nature École.

En suivant des protocoles d’observation simples conçus pour répondre à des questions scientifiques, les volontaires apportent à la communauté scientifique des données nombreuses et déterminantes sur l'évolution des populations et des écosystèmes. Dès 2016, le projet collaboratif "65 Millions d’Observateurs" permettra de faciliter et d’étendre la participation aux programmes de sciences participatives du Muséum.


Nadia Améziane, professeure, directrice de la station de Biologie Marine de Concarneau

Le 25 avril dernier, nous avons débuté Objectif Plancton, un projet de science participative. Le temps était épouvantable, mais les équipages des huit bateaux de plaisance participants ont effectué simultanément des prélèvements d'eau de mer qui permettront non seulement d’explorer la diversité du plancton de Concarneau mais également d’analyser les relations entre espèces et leur environnement. Cette expérience, renouvelée quatre fois par an, nous fournira des instantanés de ces populations et de suivre leur évolution dans le temps.

Les premiers résultats sont actuellement analysés et sont très intéressants. Faire appel au public nous permet de multiplier les prélèvements en un point d’une région donnée et leur fréquence d'autant plus que cette expérience est reproduite sur d'autres points du littoral.

Nous savons que le plancton, un maillon indispensable du réseau trophique, est très sensible aux changements environnementaux, et plus particulièrement aux variations de température de l'eau. Étudier son évolution permettra de connaître l'impact du changement climatique sur les différentes espèces et de comprendre ses répercussions sur l'écosystème, notamment les populations de poissons.


L'exemple de Vigie-Nature

Sous le label Vigie-Nature, le Muséum regroupe aujourd'hui une vingtaine d'observatoires de sciences participatives qui s'intéressent à la biodiversité ordinaire. Quinze milles volontaires y participent.

Le plus ancien des observatoires, le Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC), a permis de confirmer que les populations suivent le réchauffement du climat. On constate, cependant, un déplacement d’environ 90 km au Nord des communautés d'oiseaux alors que l’élévation des températures moyennes sur cette même période correspond à un glissement d’environ 270 km dans cette direction. Le remodelage des aires de répartition des oiseaux communs reste donc insuffisant par rapport à celui du climat. Ce phénomène fragilise les espèces les plus sensibles à l'élévation de la température.

Si vous aussi vous souhaitez être aux avant-postes de la recherche sur le changement climatique, rendez-vous sur le site de Vigie-Nature pour participer à un ou plusieurs des observatoires ouverts à tous les curieux de la biodiversité.

vigienature.mnhn.fr