Fiche d'identité

Informations détaillées

Numéro d'inventaire
MNHN-OA-1693
Dimensions
Haut : 58 cm - Long : 19 cm - Larg/prof. : 29 cm
Datation
1784
Auteur
Cire anatomique d’André-Pierre Pinson (1746-1828)
Matériaux
Cire colorée modelée, bois, poil réel
origine
France

La femme à la larme

Cette cire colorée est caractéristique des cires du XVIIIe siècle, qui avaient une double finalité : d’une part, le souci de la représentation fidèle et sereine de l’aspect extérieur, et d’autre part la mise en scène tragique des structures internes, obligeant le spectateur à y pénétrer et à prendre conscience qu’il participe de cette réalité.

Démonstration anatomique et modèle d’expression pré-romantique, on peut voir sur cette sculpture la coupe sagittale de la tête et du cou :

  • Profil gauche :  le cerveau, l’intérieur du nez, de la bouche, de la gorge, l’œsophage, la trachée, la moelle épinière…, avec l’organisation de ces différents organes entre eux ;
  • Profil droit : , l’artiste a « complété » la démonstration anatomique par un magnifique portrait de jeune femme au cheveux longs coiffés en un chignon sophistiqué.

 

La particularité qui donne son nom à l’œuvre est la présence d’une larme qui coule sur sa joue (en résine de pin purifiée).

Les préparations artificielles en cires permettaient d’obtenir en un seul modèle à trois dimensions une démonstration anatomique très précise, étant souvent même le fruit de plusieurs dissections. Elles palliaient les énormes difficultés que l’on avait à se procurer des cadavres pour les démonstrations d’anatomie humaine et à les conserver ensuite. Après la Révolution, les collections de cires anatomiques deviennent plus importantes en illustrant un strict propos anatomo-médical. D’objet de contemplation et de prestige au XVIIIe siècle, confirmant un discours philosophico-médical, le modèle anatomique devient outil de connaissance médicale au XIXe, moyen de compréhension scientifique.

 

Cire anatomique, la femme à la larme © MNHN, B. Faye

En savoir plus

André-Pierre Pinson, (1746-1828), « chirurgien des cent-suisses » (garde personnelle du roi aux Tuileries), était anatomiste et surtout artiste. Il exposa plusieurs fois ses cires aux Salons du Louvre. Celles-ci étaient destinées au Cabinet d’anatomie du duc d’Orléans, qui était ouvert au public au Palais-Royal. À la Révolution, le cabinet fut confisqué et affecté à la galerie d’anatomie du tout nouveau Muséum d’histoire naturelle, futur Muséum national d’Histoire naturelle. Après la Révolution, Pinson fut nommé préparateur à l’École de médecine.  Pinson réalisa également de nombreuses pièces d’anatomie animale, ainsi que des remarquables modèles de champignons.