Bibliothécaire du Musée de l'Homme et pionnière de la résistance, Yvonne Oddon initie la création du réseau de résistance dit « réseau du Musée de l’Homme » avec ses collègues Boris Vildé et Anatole Lewitsky et participe au choix du nom du journal « Résistance ».


Née en 1902 à Gap, Yvonne Oddon est une des chefs de file de la transformation des bibliothèques françaises. Elle est recrutée, sur les conseils de David David-Weill par Georges-Henri Rivière comme bibliothécaire du Musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1929 tout en exerçant des activités de conseil pour les bibliothécaires et en ayant des responsabilités à l’Association des bibliothécaires français. 

Elle approfondit son savoir-faire aux États-Unis, grâce à une bourse de la fondation Rockfeller et noue des relations durables avec la Bibliothèque du Congrès et la Smithsonian Institution. 

En 1937, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro devient Musée de l’Homme et s’installe dans de nouveaux locaux. Yvonne Oddon intervient sur les plans de la bibliothèque du Musée pour y imposer les standards américains en matière d’architecture de bibliothèque et surveille elle-même l’avancée des travaux. Cette bibliothèque classée, ouverte au public marque un tournant dans la gestion des bibliothèques d’étude. Une photothèque s’installe également au Musée de l’Homme et rassemble la documentation photographique classée par Yvonne Oddon et Thérèse Rivière.

Dès 1940, première à s’engager par des actions de résistance à l’occupant, elle initie la création du réseau de résistance dit « réseau du Musée de l’Homme » avec ses collègues Boris Vildé et Anatole Lewitsky et participe au choix du nom du journal « Résistance ». Elle fréquente Germaine Tillion qui se rend à la bibliothèque pour y effectuer des recherches où elles se confient leurs activités secrètes.

Yvonne Oddon est arrêtée par la Gestapo en février 1941 en même temps qu’Anatole Lewitsky, sur dénonciation de deux employés des services techniques du Musée, Mme Erouchkowski (dite Mme Ski) et M. Fedorowski (dit « Fédo »). Elle sera condamnée à mort puis finalement déportée au camp de Ravensbrück.

Très affaiblie par sa détention, Yvonne Oddon ne reprendra ses fonctions au Musée de l’Homme qu’en 1946. Elle décède en 1982.