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Couloir d'accès aux bureaux des chercheurs au Musée de l'Homme © MNHN - J-C Domenech
Couloir d'accès aux bureaux des chercheurs au Musée de l'Homme © MNHN - J-C Domenech

La recherche au Musée de l’Homme

La biodiversité est au coeur de la recherche au Muséum national d’Histoire naturelle. De fait les chercheurs du Musée de l’Homme travaillent sur les interactions entre Homme et Environnement, mais il développe aussi des recherches propres sur l'espèce humaine : son évolution, sa diversité tant biologique que culturelle réaffirmant ainsi avec force le concept de musée-laboratoire.

Genèse du musée-laboratoire

En 1925, trois scientifiques du Muséum, Paul Rivet, Marcel Mauss et Lucien Lévy-Bruhl, fondent l’Institut d’ethnologie de l’Université de Paris. L’ethnologie, entendue par Paul Rivet, est une science de synthèse se proposant d’étudier l’Homme dans sa totalité. Devenu en 1928 directeur du Musée d’ethnographie, Rivet y fait souffler un vent de réorganisation, instaurant, avec le jeune muséographe Georges-Henri Rivière, une nouvelle muséologie plus scientifique, prélude à la création d’un nouveau musée, le Musée de l’Homme.

Dès sa création en 1938, le Musée de l’Homme a été conçu comme un musée-laboratoire associant un musée, un grand laboratoire de recherche, une bibliothèque et un centre d’enseignement universitaire. Ce projet innovant s’accompagne alors du regroupement en un même lieu de l’ensemble des collections du Muséum national d’Histoire naturelle consacrées à l’Homme : les collections de la galerie d’anthropologie et de préhistoire rejoignent les collections d’ethnologie de l’ancien Musée d’ethnographie. Les conditions sont ainsi réunies pour appréhender « l’Homme comme un tout indivisible dans l’espace et dans le temps » selon les propres mots de Paul Rivet.

Réouverture du Musée de l'Homme en 1939 - Paul Rivet, en premier plan, mène la visite © Bibliothèque Centrale du Muséum

La recherche aujourd’hui : une entité fédératrice, un projet unique en Europe

Paul Rivet, fondateur du Musée de l'Homme, le résumait ainsi :

L’humanité est un tout indivisible, non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps.

Cet héritage de musée-laboratoire (un musée, des collections, une bibliothèque, un centre d’enseignement, des plateaux techniques, des chercheurs), conjugué à la reconnaissance de l’apport des sciences de l’Homme pour faire face aux enjeux actuels (changements climatiques, perte de la biodiversité, le devenir de notre espèce) sont un cadre propice à de nouvelles dynamiques de recherche au Musée de l’Homme.

Shelly Masi, primatologue du MNHN, et Makumba, dos argenté de gorilles de l'Ouest, Parc National de Dzanga-Ndoki, République Centrafricaine © Antonio Sanna
Observation d'un groupe de gorilles de l'Ouest en République Centrafricaine © Ngombo Dieudonné
Ethnologie. Traitement d'une chamelle malade (Qatar). 1978 © MNHN - Annie Montigny
Ethnologie. Au Qatar, les anciens bédouins aiment retourner dans le désert mais en créant un environnement idéalisé. 2014. © MNHN - Annie Montigny

Ethnologues, ethnobiologistes, ethnomusicologues, primatologues, généticiens, paléoanthropologues et préhistoriens se côtoient partageant les mêmes bureaux, les mêmes plateaux techniques ce qui contribue aux échanges d’idées et à la collaboration. Ce contact humain et le partage sont à la base de l’interdisciplinarité qui caractérise la recherche des sciences humaines au Musée de l’Homme, et plus largement au Muséum. Ainsi les préhistoriens qui travaillent sur des fossiles et des outils datant jusqu’à 2 millions d’années voire plus, croisent les primatologues qui s’intéressent aux comportements de nos cousins les grands singes. Ils rencontrent et échangent aussi avec les ethnologues, ethnobiologistes qui explorent les sociétés contemporaines et les anthropobiologistes qui étudient la diversité humaine. Cette synergie est renforcée par la présence de jeunes chercheurs et de nombreux étudiants en master et doctorat.

Un enfant près de son père qui fait les dents d’une faucille amdjir qui finira dans la vitrine du Musée de l’Homme, quartier de Sidi Raḥyem, oasis de Siwa, Égypte, le 16 novembre 2014 © MNHN - Vincent Battesti
Le grand marché au dromadaire de la vallée du Nil, à Darāw, au nord d’Assouan, Égypte, le 22 février 2015 © MNHN - Vincent Battesti
Enfant portant un masque de bélier dans l’ancienne oasis d’Amon, pour la fête annuelle (‘aīd al-siyaha), Dakrūr, oasis de Siwa, Égypte, le 25 octobre 2015 © MNHN - Vincent Battesti

Une contribution originale

Le renom national et international des chercheurs du Muséum, leur expertise et la mise en œuvre d’une dynamique fédératrice qui s’exprime au sein du Musée de l’Homme apporte une contribution originale, en mettant en perspective les données biologiques, culturelles et sociales de l’Homme, des temps préhistoriques jusqu’aux périodes contemporaines. Moteur, tant au niveau national qu’international, pour la compréhension de notre passé, le musée constitue également un cadre de réflexion pour évaluer la capacité de notre espèce à imaginer les scénarios du futur.

Ethnomusicologie. Bernadette Antari, joueuse téké du pluriarc ngwomi. Les Téké sont les seuls détenteurs de ce type d'instrument au Gabon - Odjouma - Gabon - 2003 © MNHN - Sylvie Le Bomin
Groupes de chanteuses ayaligui chez les Téké (les coiffes sont réalisées en plumes de cigogne et les costumes en raphia tissé) - Franceville - Gabon - 2003 - © MNHN - Sylvie Le Bomin
Femmes babongo du village de Moyiko à la pêche dans les petites rivières de la forêt équatoriale - Moyiko - Gabon - 2015 © MNHN - Sylvie Le Bomin

En savoir plus

Ces recherches sont portées par le département « Homme & environnement » du Muséum national d’Histoire naturelle.

Ce département est composé de 4 unités dont 2 sont basées au Musée de l’Homme :

Toutes ces unités travaillent activement sur les thématiques de recherche développées au Musée de l’Homme.