Un long travelling sur notre évolution. Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? La Galerie de l’Homme sera le cœur du musée, la partie la plus vaste (2 500 m2 répartis sur deux niveaux et une mezzanine) est la plus attendue de la rénovation.


Comment raconter l’aventure humaine et la rendre accessible à tous ?

La pertinence d’un parcours en trois temps. L’infinie richesse du sujet a conduit à l’élaboration d’un parcours en trois temps : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Si, à première vue, tout le monde sait ce que c’est qu’être humain, qui saurait définir précisément qui nous sommes ? Le parcours muséographique commence par explorer la nature humaine, à partir de différents aspects, en croisant les approches des sciences de la vie et des sciences humaines : le corps, la pensée, le langage, la vie en société. Mais jusqu’où faut-il remonter pour trouver le premier humain ?

La deuxième partie du parcours abordera le temps très long de notre histoire évolutive. Partir en quête de l’origine de notre espèce, Homo sapiens, est une autre façon de comprendre ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous le sommes devenu.

La dernière partie du parcours sera ancrée dans le contemporain. Elle fait le constat des impacts écologiques des activités humaines, des effets socio-culturels de la mondialisation, des marges d’adaptation de l’espèce humaine aux environnements qu’elle a elle-même contribué à créer. C’est une prise de position, en lien avec les engagements du Muséum national d’Histoire naturelle pour la préservation de la biodiversité, pour sensibiliser les publics aux enjeux de sauvegarde de la planète.

Des messages essentiels

La conception de la Galerie de l’Homme est le résultat d’une réflexion collective, pluridisciplinaire, nourrie des expertises des scientifiques du Muséum et des apports de personnalités extérieures qualifiées en sciences humaines et biologiques. De cette réflexion ont émergé des messages, confortés en l’état actuel des connaissances : l’appartenance de tous à la même humanité ; quelles que soient nos différences, notre origine africaine, notre lien permanent avec un milieu auquel nous nous sommes constamment adaptés, tout en le modifiant de manière croissante après avoir occupé la quasi-totalité des zones écologiques de la planète. Ces messages sont portés par des objets et par des outils de médiation offrant une grande diversité d’approches. Le parcours sera scandé par des modules récurrents. Les modules « Histoire des sciences et des idées » illustrent et retracent l’évolution de la connaissance, les modules « Science en marche » proposent des focus sur l’état actuel de la recherche, sur les nouvelles techniques d’analyse.

Des expériences multiples et accessibles à tous

Contempler, toucher, écouter, lire, sentir, jouer, participer… tous les sens sont mobilisés par la diversité des modes de présentation et des supports de médiation. Les espaces et les contenus de la Galerie de l’Homme sont conçus pour être accessibles à tous, ensemble, et répondre à la diversité des attentes et des modes d’appropriation de chacun : publics néophytes, familles, scolaires, curieux et amateurs éclairés et personnes en situation de handicap.


La muséographie, un travelling séquencé

Une immersion dans notre histoire évolutive

L’agence Zen+dCo de Zette Cazalas a conçu la scénographie de la Galerie de l’Homme comme une immersion, fluide et buissonnante de propositions. L’agencement prend en compte les données topographiques des deux grandes nefs, leur linéarité, leur ouverture en façade en Seine et la douceur de leurs courbes. Le parcours n’est pas unidirectionnel, il met en jeu le corps du visiteur, le guide par des repères positionnés en façade sur Seine, l’éloigne de la lumière diffusée par les grandes baies pour le mener vers des espaces intérieurs plus intimes où sont présentés les objets originaux fragiles (vitrines alcôves, espaces semi-fermés), l’arrête devant de spectaculaires vitrines murales et lui offre, à intervalles réguliers, des pauses d’interprétation des objets, des moments ludiques autour de tables de jeu, des expériences tactiles et sonores.

Une galerie du futur

Tout le potentiel des outils numériques sera au service du visiteur pour qu’il participe, qu’il sélectionne sa façon d’apprendre. Chaque typologie de vitrine sera un prototype, fait sur-mesure et intégrant une technologie discrète : climatisation adaptée aux types d’objets présentés, traitement des verres pour une meilleure visibilité du visiteur et une totale protection des œuvres, vitrine augmentée permettant d’interroger un objet en le désignant du doigt pour obtenir une réponse sur écran.

Des « cabinets de curiosité » réinventés

Spectaculaires par leur taille (3 à 4 m de haut sur 9 m de long, 12 m pour la plus grande - 1,50 m de profondeur) et par le nombre d’objets présentés (jusqu’à une centaine), les vitrines murales s’offrent à la contemplation comme des tableaux, esthétiquement séduisants et foisonnants d’informations. Elles sont positionnées le long du mur aveugle pour des raisons techniques (climatisation). Leurs dimensions permettent de créer des perspectives, de composer des mises en scènes sur plusieurs niveaux. Chaque objet y tient son rôle, parle de façon indépendante tout en s’intégrant dans un réseau de connexions et de mises en relation au service d’un propos, d’une thématique. Le visiteur embrasse un panorama, le fouille du regard, s’attarde sur un détail et se met au pupitre numérique pour mener sa propre exploration.

Des objets de médiation originaux

Chacune des sections du parcours sera ponctuée par un ou plusieurs dispositifs offrant des expériences décalées :

  • la langue en résine de 3,50 m de haut, très réaliste avec ses glandes salivaires, où l’on entre pour en- tendre les chants du monde entier;
     
  • la structure monumentale des bustes anthropologiques qui, telle une immense portée de musique, culmine à 11 m de haut;
     
  • le cercle des 7 terres, rond comme le monde, qui raconte la néolithisation sur des panneaux de feutres ;
     
  • le grand cyclo de 9 mètres de diamètre, véritable centre de réflexion sur notre impact sur l’environnement ;
     
  • le jardin des mutations qui met en scène le processus d’évolution de l’Homme actuel.
     

Ces structures constituent des entités à part entière mais se fondent dans le parcours par le choix des couleurs, des matériaux, des formes.

Le parcours sensoriel

Considérant l’accessibilité comme une valeur ajoutée, les dispositifs du parcours sensoriel ont été conçus pour répondre à des objectifs très larges. Ils font partie de la muséographie et s’adressent aux publics français et étrangers, aux déficients visuels, aux familles et aux publics ayant des difficultés avec la lecture. Le parcours sensoriel comporte une maquette de localisation avec fort contraste et une vingtaine de supports originaux répartis sur l’ensemble de la galerie, composés d’objets à toucher, de commentaire sonore et plateaux tactiles.

Tant par leur qualité esthétique que par les matériaux utilisés, les objets à toucher sont des œuvres à part entière. Reproductions d’objets de collections (bustes, crânes fossiles), artefacts, sculptures… ils permettent d’appréhender les messages essentiels de chacune des sous-parties de la Galerie de l’Homme par le toucher et par l’écoute. Posés sur des socles, ils sont associés à des dispositifs sonores à déclenchement manuel et à des informations en texte et en braille

Une grande diversité de supports

1 800 objets remarquables sont issus des collections historiques du Musée de l’Homme et des collections d’étude des chercheurs, auxquels s’ajoutent des acquisitions, des dépôts et des commandes d’œuvres à des artistes contemporains. Porteurs de messages et d’émotion, les spécimens les plus remarquables sont valorisés dans des réceptacles offrant au visiteur une grande proximité.

80 écrans, 14 pupitres avec cartels numériques, 60 dispositifs différents… (tables de jeux, dispositifs qui engagent le corps du visiteur, ateliers interactifs pour se mettre dans la peau d’un scientifique, installations audiovisuelles multi-écrans, dispositifs sonores, films documentaires), tous les supports muséographiques sont conçus sur mesure, scénarisés et porteurs d’un contenu original, issu des travaux des chercheurs.