L’installation de plateaux techniques au cœur du musée vient aujourd’hui renforcer le concept de musée-laboratoire. Ces nouveaux laboratoires constituent un ensemble d’un seul tenant où se côtoient les chercheurs. Ils sont dotés d’équipements permettant de nouvelles approches analytiques et théoriques, avec notamment la création d’un laboratoire pour l’ADN ancien, et sont complémentaires des autres plateaux techniques qui forment la plateforme instrumentale du Muséum.


Des équipements performants, mutualisés

Les plateaux techniques, communs ou spécialisés, sont à la disposition des chercheurs du Muséum, des doctorants, des étudiants en Master et des institutions partenaires. Ils ont été conçus sur mesure, pour répondre aux types d’analyses réalisées sur des échantillons de matériaux divers (ossements, dents, sédiments, objets du quotidien ou objets d’art, pollens, plantes, prélèvements d’ADN), provenant de prélèvements effectués sur le terrain ou sur les spécimens des collections.

Chaque laboratoire, en fonction des techniques utilisées (physiques ou chimiques), a son environnement propre (qualité de l’air, nature des sols, dispositifs de sécurité) afin de protéger les utilisateurs et d’optimiser les expériences.


Quatre plateaux techniques permettent de faire « parler » les échantillons selon différentes approches :

> Le plateau « Imagerie et modélisation 2D/3D »

Présentation du plateau « Imagerie et modélisation 2D/3D » par Martin Friess

Il dispose de microscopes, d’un scanner surfacique 3D et d’un équipement photogrammétrique. Les techniques d’imagerie par scanner surfacique permettent de créer des modèles virtuels des spécimens des collections pour les comparer et ensuite les analyser par des méthodes statistiques. La microscopie donne accès à des informations à très petite échelle comme des traces d’utilisation sur des outils préhistoriques, des traces sur l’émail des dents. Les objets d’étude ainsi dématérialisés restent préservés mais sont accessibles dans une banque d’images, de façon permanente et à distance. Cet équipement est complémentaire de la plate-forme AST-RX qui, au Jardin des Plantes, dispose du microtomographe le plus performant dans le monde des sciences naturelles.


> Le plateau « Paleogénomique et génétique moléculaire humaine »

Présentation du plateau « Paleogénomique et génétique moléculaire humaine » par Paul Verdu

Le plateau de génétique comprend un laboratoire d’ADN moderne et un laboratoire dédié à l’ADN ancien. Dans les deux cas, le but est de rendre le code génétique d’un échantillon biologique lisible, après extraction, purification et amplification. Ces opérations se font dans un environnement contrôlé qui protège des risques de contaminations par de l’ADN extérieur. Dans le cas de l’ADN moderne, les échantillons de sang ou de salive sont prélevés sur les populations des terrains d’enquête (Asie centrale, Afrique centrale, Asie du Sud-Est, Cap Vert..).

Dans le cas de l’ADN ancien, dit dégradé parce qu’en très faible quantité et fragmenté, les prélèvements délicats de molécules d’ADN sont effectués sur des restes d’os, de dents (issus de fouilles ou des collections). Les contraintes sont plus strictes, l’environnement est confiné, la salle (dite blanche) est en surpression avec un flux d’air purifié, et les scientifiques y travaillent en combinaison stérile. L’analyse des ADN anciens fait parler autrement des spécimens des collections et documente l’évolution des espèces fossiles du genre Homo, la continuité ou la disparition d’espèces notamment l’extinction de Néandertal.
Le plateau comprend également une grande salle d’anthropologie biologique pour le nettoyage des os, des échantillons de faune et flore.


> Le plateau « Datation et caractérisation des matériaux archéologiques et sédimentaires »

Présentation du plateau « Datation et caractérisation des matériaux archéologiques et sédimentaires » par Matthieu Lebon

Essentielles pour replacer les découvertes dans leur contexte chronologique, climatique et environnemental, les techniques actuelles d’analyse des échantillons osseux, des sédiments, des fossiles végétaux et animaux, des industries lithiques font appel à la physique et à la chimie.
Le plateau comprend différents laboratoires, associant des salles de préparation des échantillons et des salles d’analyse :

  • salle de datation pour le comptage et la mesure des atomes d’uranium et de thorium, permettant des datations entre 5 000 et 600 000 ans dans le meilleur des cas ;
  • salle de chimie minérale pour l’analyse des sédiments ;
  • salle Infrarouge pour caractériser la structure chimique et minérale des matériaux,
  • salle de paléomagnétisme blindée et isolée du champ magnétique terrestre actuel, afin d’étudier l’enregistrement du champ magnétique fossile fixé dans les objets et les sédiments archéologiques.

Le plateau comprend aussi une salle de préparation des échantillons et une salle de moulage où sont réalisés des fac-similés de pièces archéologiques avant prélèvements et/ou destruction pour analyse. Ces doubles (en silicone ou résine) conservent ainsi la trace de l’objet intact avant prélèvement, permettant de réduire les manipulations de spécimens fragiles. Les fac-similés peuvent être utilisés pour la diffusion et l’enseignement.


> Le plateau « Analyse des audio visuels »

C’est le domaine des sons (enregistrements musicaux, linguistiques) et des images (films et vidéos) rapportés des enquêtes de terrain ou exhumés des collections. Les locaux sont dotés d’une chambre insonorisée disposant de matériel d’enregistrement, de lecture, de montage et d’archivage.


LES PROGRÈS DE LA RECHERCHE REPOSENT AUJOURD’HUI SUR :

  • l’acquisition et l’analyse de données d’imagerie et la modélisation 2D/3D sur les restes humains et fauniques, sur les pièces lithiques ou symboliques (parures et objets d’art)
  • les analyses en génétique, sur ADN moderne et ancien
  • la datation et la caractérisation des matériaux archéologiques
  • le codage de répertoires musicaux et de vidéos