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Reste-t-il des reliquats de nos ancêtres poissons dans l'évolution du corps humain ?

houbart jerôme
55 ans
Bruxelles
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Musée de l'hommme
Guillaume Lecointre, Directeur du département de systématique et évolution au Muséum national d’Histoire naturelle

Des millions d’années d’évolution des êtres vivants animaux, il nous reste une « bizarrerie », le nerf phrénique, un nerf assez long qui suit un trajet alambiqué dans le corps humain… Et qui est responsable du hoquet !

 

 

Le corps humain tel que nous le connaissons aujourd’hui est le fruit de millions d’années d’évolution. Les poissons ont été les premiers êtres vivants équipés d’un crâne et de vertèbres, et cela depuis 500 millions d’années. Voilà déjà un point commun avec eux !

 

Chronologiquement apparaissent après les poissons, les amphibiens, les reptiles, puis les mammifères, et enfin les primates. Et nous partageons bien quelques spécificités avec nos ancêtres, même les plus lointains.

 

« De ces millions d’années d’évolution, il reste des bizarreries dans le trajet des nerfs du corps humain, explique Guillaume Lecointre, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle. Le cheminement de notre nerf phrénique par exemple, qui innerve le diaphragme. C’est un nerf assez long qui suit un trajet très alambiqué dans notre corps, alors qu’il pourrait être beaucoup plus court ».

Ce trajet du nerf phrénique est en réalité le trajet qu’a fait le muscle ancêtre du diaphragme, depuis les poissons qui l’avaient eux sous le crâne. Ils utilisent quant à eux ce nerf pour leur ventilation branchiale. Le nerf phrénique, peu de gens connaissent son nom, mais beaucoup ont déjà connu une « irritation » de ce nerf, puisque c’est cela qui provoque le hoquet !

 

Le corps humain est un organisme complexe, parfois bizarre… C’est l’histoire qui a façonné ce corps, et notre passé commun avec les poissons a bien laissé quelques traces !

 

Propos recueillis par Rémi Pin  

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