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A-t-on des preuves de cannibalisme ?

BILL
49 ans
SAINT-JEAN-SUR-VILAINE
RETOUR AUX QUESTIONS
Musée de l'hommme
Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au Musée de l'Homme

Les preuves de cannibalisme les plus anciennes remontent à 800 000 ans. Le cannibalisme existe encore dans certaines populations contemporaines, souvent associé à des rites funéraires. 

 

 

Le cannibalisme chez l’Homme moderne et ses ancêtres existe bel et bien.

 

Deux types de cannibalisme ont été définis : l’exocannibalisme, où un étranger est tué pour être mangé, et l’endocannibalisme, pratique dans laquelle un membre de son clan est consommé après son décès.

 

Les plus anciennes traces remontent à 800 000 ans, dans le nord de l’Espagne. Dans le gisement d’Atapuerca, des ossements humains ont été retrouvés parmi les restes d’animaux, en outre, certains portent des marques de dépeçage et les os longs ont été brisés pour en extraire la moelle, preuves qu’Homo antecessor s’adonnait à des pratiques cannibales, probablement pour s’alimenter, puisque les restes humains découverts appartiennent principalement à des enfants et des adolescents.

 

Parfois, comme chez les Néanderthaliens et les Homo sapiens,  ces pratiques peuvent avoir une autre signification. En effet, on retrouve peu de traces de violence sur les fossiles, ce qui laisse penser que le cannibalisme était  une étape d’un rite funéraire.  Une des explications consiste à dire qu’en se nourrissant de  chair humaine, l’Homme préhistorique s’appropriait les qualités du défunt. Cet endocannibalisme a perduré, en particulier chez certaines populations d’Océanie.

 

Propos recueillis par Rémi Pin

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