J'ai le droit d'avoir des droits !

Événement

Street art

C’est sur ses murs que le Musée de l’Homme laisse libre cours à l’imagination de neuf street artistes pour illustrer des articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.


DES PERFORMANCES

  • 13 janvier : Performance de Zag & Sìa
  • 20 janvier : Performance de Lek & Sowat
  • 27 janvier : Installation des oeuvres de Swoon et de Goin en présence de Dugudus
  • 3 février : Installation de l’oeuvre de Madame en présence de l’artiste
  • 10 février : Performance de Denis Meyers

Une exposition

Mouvement protéiforme et mondial, le street art émerge actuellement au coeur de la scène artistique contemporaine. Street art, art urbain, graffiti, sont autant de noms pour désigner une pratique créative sinon artistique emblématique de la revendication humaine et de sa conquête de liberté. C’est aussi l’art de la dénonciation des maux de notre société. Pour commémorer les 70 ans de la signature de la Déclaration, le Musée de l’Homme a souhaité amener ce geste revendicatif dans ses murs pour rappeler à chacun et notamment à la jeunesse que nos droits en tant que citoyens ont souvent été acquis par des luttes.
Chaque dimanche de mi-janvier à mi-février, le Musée de l’Homme propose au visiteur une visite 3spectaculaire" où il assiste à la naissance d’une oeuvre sous ses yeux. Neuf street artistes sont invités à réinterpréter un article de la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour interpeller le public. Six œuvres ferons ainsi leur apparition dans le musée et sont à découvrir du 13 février au 30 juin 2019.
Qu’ils aient déjà une grande renommée ou qu’ils soient des talents émergents, ces artistes représentent les tendances actuelles du street art, avec d’une part le courant pictural, porté sur la composition colorée et d’autre part le graffiti favorisant le jeu typographique. Ils ont aussi été sélectionnés pour mettre en valeur la diversité des techniques employées dans les rues : peinture et collages, sérigraphie, pochoir, anamorphose.


DUGUDUS

Concepteur de la signalétique, il anime aussi l’installation des œuvres de Swoon et de Goin le 27 janvier

Dans le cadre de la saison En droits !, ce jeune graphiste-illustrateur a conçu une signalétique créative et pédagogique, dans l’esprit d’un "graphisme d’intérêt général". Intervenant ponctuellement, il accompagne le visiteur à travers le musée. Ses interventions soulignent la transformation des espaces au fil du temps et des performances, fonctionnant comme un fil rouge, guidant le visiteur à travers les différents lieux d’exposition investis par les artistes. Il est également le créateur de l’identité visuelle de toute la saison.

Son histoire
Passionné par les affiches politiques qui portent des messages de résistance et d’espoir placardés dans les rues, Régis Léger alias Dugudus, poursuit aujourd’hui cette tradition avec sa patte de graphiste-illustrateur, offrant une nouvelle identité à l’image engagée. Pousser le public à réfléchir aux enjeux de notre société actuelle avec humour et parfois provocation, telle est la démarche de ce jeune graphiste engagé, passé notamment par l’école Estienne, les Gobelins et l’Institut Supérieur de Design de La Havane.

 


ZAG & SÌA

Performance le 13 janvier

Zag et Sìa ont toujours milité pour une liberté de peindre. La célébration des 70 ans de la Déclaration des droits de l’Homme est un moment privilégié pour affirmer cette liberté artistique.
Ils ont choisi de représenter l’article 25 sur le droit à la santé. Cet article fait effectivement écho à un épisode traumatisant de la vie de Sìa. L’oeuvre sera construite autour d’un personnage tiré du « Radeau de la Méduse » de Géricault. Cette performance sera réalisée sur Plasti’Graconstruire, tant visuellement que grammaticalement, le premier article de la déclaration pour en questionner le fond.

Leur histoire
Zag et Sìa se sont rencontrés il y a plus de 10 ans.
Inspiré par celle qui devint très vite sa Muse, Zag délaisse son atelier et investi les rues pour la peindre sur des escaliers, principalement. Ces oeuvres abordaient divers aspects de la vie de Sìa, souvent tragiques, qu’elle avait su aborder avec courage. Désormais, Sìa inspire, mais peint également aux côtés de Zag qui lui transmet son savoir. Ils ont acquis ensemble une maîtrise rare de l’anamorphose en réalisant leurs oeuvres sur des escaliers. Leur travail a aujourd’hui des inspirations multiples, conjuguant les dimensions poétiques et symboliques, mais rendant également hommage aux grands maîtres.

 


LEK & SOWAT

Performance le 20 janvier

« Nous avons choisi de travailler sur le premier article de la Déclaration universelle des droits de l’Homme car s’il est de loin le plus connu et ambitieux, il est aussi celui qui questionne le plus nos croyances intimes. En effet, comment maintenir notre foi dans ces principes d’égalité, de dignité et de fraternité quand tout dans nos vies, le monde qui nous entoure ou n’importe quel cycle d’actualité auquel nous prêtons attention, semble défier ces fondements du vivre ensemble. Pour illustrer cet article nous avons choisi de travailler à même les murs du Musée de l’Homme, directement sur ses parois. À l’aide de bandes adhésives et de lettres préalablement imprimées, nous entendons déconstruire, tant visuellement que grammaticalement, le premier article de la déclaration pour en questionner le fond ».

Leur histoire
Travaillant en binôme depuis 2010, Lek & Sowat repoussent les limites du graffiti traditionnel, leurs installations in situ réunissent abstractions architecturales, installations éphémères et vidéos. En 2012, le projet Mausolée qui les voit rassembler clandestinement 40 artistes urbains dans un centre commercial abandonné leur ouvrira par la suite les portes du Lasco Project du Palais de Tokyo. Depuis, ils multiplient les projets à l’étranger (Inde, Hong Kong, Abu Dhabi, Europe…) ainsi que les collaborations avec des artistes d’horizons aussi variés que le poète beat John Giorno, les stylistes Agnès b et Jean Charles de Castelbajac, les pionniers du Graffiti que sont Futura, Mode2 et JonOne ou encore Jacques Villeglé, précurseur du street art. C’est avec ce dernier qu’ils réalisent le projet « Tracés Directs », première oeuvre de graffiti à entrer dans la collection permanente du centre Pompidou. En 2016, ils sont les premiers artistes issus du graffiti à intégrer, comme pensionnaires, la prestigieuse villa Médicis à Rome.

 


SWOON

Installation de l’œuvre en présence de Dugudus le 27 janvier

Swoon propose au Musée de l’Homme son oeuvre Braddock Steel en illustration de l’article 23 sur le droit du travail. Braddock Steel est un hommage aux travailleurs de Braddock, Pennsylvannie, ville, autrefois bastion de la sidérurgie a subit le déclin de son industrie et est tombée dans la pauvreté. Swoon y représente le portrait d’un ouvrier sidérurgiste, dont les traits sont inspirés d’un syndicaliste de la région du début du siècle. Comme souvent dans son oeuvre, le sujet se confond avec son environnement, comme pour former une allégorie. Ici, l’architecture de l’usine se mélange avec le corps du travailleur. Debout, le regard pensif, il est appuyé sur son usine, dont on peut voir chaque étape de la production. 

Son histoire
Callie Curry, alias Swoon, crée des installations et des assemblages de sculptures, fusionnant art et activisme avec pour objectif d’améliorer le monde. « Je voulais faire partie de quelque chose de plus grand que moi » explique-t-elle, « Je voulais embrasser le monde ». Cette envie a conduit son art dans les rues où, depuis 1999, Swoon colle des portraits grandeur nature de citadins ordinaires sur des murs à New York et dans d'autres villes. Swoon adopte une approche humanitaire de l'art et a contribué à la reconstruction de la Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina et d’Haïti après le séisme de 2010.


GOIN

Installation de l’œuvre en présence de Dugudus le 27 janvier 2019.

Goin a choisi d’illustrer l’article 18, sur la liberté de pensée, de conscience et de religion. « La liberté de pensée est pour moi la plus fondamentale et la plus sacrée des libertés. C'est le premier et le dernier rempart contre la barbarie, sans elle, pas de liberté... Ma création sera faite sur toile au pochoir en noir et blanc. ».

Son histoire
Digne représentant de l’esprit originel du punk, militant et anarchique, Goin prône un nouvel activisme humaniste. Émancipation, libération et rébellion sont profondément ancrées dans son travail. Élaboré avec un sens de l'humour noir et une énergie viscérale, le travail de Goin incite à réfléchir par soi-même sur les maux de notre société. Armé de bombes de peinture et de pochoirs, il détourne les icônes, les slogans qui sont devenus des repères. Putty riot présente Poutine en Pussy riot et Lady Gaza, statue de la liberté revisitée, traitent du rapport entre les « actualités étrangères » et la culture occidentale. Goin éduque autant qu’il critique la bien-pensance, le fascisme, les religions, le Nouvel Ordre Mondial…

 


MADAME

Installation de l’œuvre en présence de l’artiste le 3 février 2019

Madame illustre l’article 5 contre la torture, les peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
« L’idée [de mon oeuvre] de mettre en lumière l’absurdité de la violence »
Sur un mur de caisse de bois d'époque, apposés de chaque côté, des collages se répondent, une phrase courra sur tout le long de l'installation, incitant ainsi le visiteur à faire le tour, à découvrir tous les détails de l’oeuvre. La technique de l’artiste, mixant collage, réappropriation d’images anciennes, texte et peinture est unique dans le paysage artistique urbain.

Son histoire
Comédienne et scénographe de formation, Madame s’est très vite redirigée vers les arts plastiques, la sculpture, la peinture, puis progressivement le collage. Avec divers matériaux (papier, bois, métal, tissus etc.), Madame déconstruit l’iconographie ancienne pour la faire parler d’aujourd’hui. Ses personnages mi-humains mi-animaux y accompagnent des phrases brèves porteuses de messages simples. Son style est coloré, absurde et joue avec les souvenirs.
Madame installe toujours ses collages durant la journée. Ce qu’elle aime c’est le contact avec les passants curieux. Avec son travail, l’artiste espère surprendre, faire sourire les passants et, si possible, les faire réfléchir à des sujets d’actualité.


DÉNIS MEYERS

Performance le 10 février

« J'ai volontairement choisi de travailler sur l'article 26, qui parle d’éducation. L’éducation est pour moi primordiale, de manière générale et encore plus dans des quartiers ou pays défavorisés. L’éducation, l'apprentissage d'un métier, d'un artisanat, est un fondamental si une société vise à évoluer, partager, et ne mettre personne à l'écart. »

Son histoire
Dénis Meyers, né en 1979 à Tournai, vit et travaille à Bruxelles. Artiste urbain et multiple, il est connu pour ses fresques ou pour ses stickers en forme de visage, imprimés et découpés à la main puis disséminés dans toute la ville ou ailleurs. Il se revendique typographe.
Dénis Meyers signe une collection de sweats et T-shirs pour la collection printemps-été 2016 de la marque belge Bellerose. Auparavant, il a aussi collaboré à des projets caritatifs (Plate-Forme Prévention Sida, Make-A-Wish,…) et peint sur de nombreux supports : planches de skate, cadres de vélo, verres à bière pour Duvel ou encore live painting lors d'événements phares. Artiste engagé, il donne une grande importance à l'éducation artistique. Il a, entre autre, animé des ateliers créatifs, basés sur l'apprentissage du dessin et de la sérigraphie a des enfants défavorisés de Bruxelles.