Conférences autour de l'exposition Néandertal

Conférence

Les rendez-vous de la Société des Amis du Musée de l'Homme

Tout un programme de rencontres et de conférences avec des spécialistes de la Préhistoire et de l'anthropologie culturelle et biologique…


Dans le cadre de l’exposition Néandertal, découvrez cet aïeul fascinant en compagnie des plus grands spécialistes.

Les mercredis de 18 h à 20 h 

  • Mercredi 19 septembre : Sur les traces de l’outil…
    par Antony Borel, préhistorien, maître de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle.

Qu’est-ce qu’un outil ? Se définit-il par sa forme, se caractérise-t-il par sa fonction ? Son caractère utilitaire est-il fondamental ? Que pouvons-nous espérer savoir des outils de la Préhistoire et de leur place dans la vie des hominidés ? La tracéologie est un vaste champ de recherche qui, en Préhistoire, a pour objectif de caractériser les altérations de surface des objets afin, notamment, d’en déterminer la fonction et les modes d’utilisation. Cette méthode, encore peu connue du grand public, a pourtant une histoire de plusieurs décennies qui, au fil des recherches a permis d’en identifier les limites mais aussi d’en faire une discipline quasi incontournable pour l’interprétation des vestiges archéologiques et des outils en particulier. Au travers d’une réflexion théorique et d’illustrations concernant l’utilisation d’outils chez l’humain, Neandertal en particulier, et d’autres animaux, vous découvrirez cette discipline qu’est la tracéologie ainsi que les questions fondamentales de recherche qu’elle traite et les informations qu’elle dévoile sur les outils du passé.

  • Mercredi 17 octobre : Néandertal et ses morts
    par Bruno Maureille, paléoanthropologue, directeur de recherche au CNRS.

On pourrait croire qu’après plus de 150 années de travaux sur les Néandertaliens, une thématique comme celle de la diversité des comportements des néandertaliens vivants envers leurs morts ne fait plus l’objet de recherches, que les problèmes sont résolus. Mais il n’en est rien. L’existence de certaines sépultures primaires néandertaliennes a fait l’objet de critiques récentes alors que c’est uniquement en 2015 qu’il a été réalisé la première étude des atteintes d’un squelette néandertalien dans le but de discuter son histoire taphonomique…

Cette conférence sera l’occasion de présenter la diversité des traitements que les membres de la lignée néandertalienne ont réservé à certains de leurs morts, d’en discuter l’importance symbolique (ou parfois alimentaire) et de souligner quelques-unes des différences que l’on peut suspecter entre activités mortuaires des Néandertaliens et celles des Humains modernes.

  • Mercredi 21 novembre : Les Dénisoviens, les grands frères des Néandertaliens
    par Jean Jacques Hublin, paléoanthropologue, directeur du département d’évolution humaine à l’institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Allemagne), professeur invité au Collège de France.

À Denisova, dans l’Altaï russe, des restes humains très fragmentaires ont été mis au jour dans des niveaux livrant des outils en pierre taillée du Paléolithique moyen et datés entre 240 000 et 50 000 ans. En 2010, l’ADN d’une lignée jusqu’alors totalement inconnue était extrait d’un morceau de phalange d’enfant. Baptisés « Dénisoviens », ces hommes représentent un groupe frère des Néandertaliens, dont ils se sont séparés il y a environ 400 000 ans. L’étude du génome dénisovien s’est développée alors que la paléogénétique mettait en évidence des phénomènes d’hybridation entre différents groupes humains du Pléistocène. En Asie, essentiellement en Chine, a été découverte une série de fossiles humains datés entre 400 000 et 50 000 ans dont l’ADN reste inconnu mais qui pourraient appartenir à ce groupe.


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