D’où venons-nous ?

Qui sont les premiers représentants de la lignée humaine ? Combien étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Pourquoi certaines espèces ont-elles disparu ? Néandertal et Homo sapiens se sont-ils rencontrés ? En quoi nos ancêtres se distinguent-ils de nous ? Qu’est-ce que le changement néolithique ?

La Galerie de l'Homme

Le deuxième temps du parcours raconte, à partir des traces fragmentaires du passé, l’histoire du buissonnement des lignées humaines jusqu’au bouleversement néolithique :

  • l’émergence de la lignée humaine (- 6 à - 4 millions d’années)
  • le berceau africain et tropical (- 4 à - 2 millions d’années)
  • le peuplement du genre Homo (- 2 millions à- 200 000 ans)
  • une humanité plurielle (- 200 000 à - 10 000 ans)
  • depuis 10 000 ans

     

Le découpage chronologique et thématique invite à découvrir comment l’espèce humaine et les traits biologiques, sociaux, culturels et symboliques qui la composent se sont construits dans l’épaisseur des temps en suivant un chemin qui n’est pas linéaire, comment plusieurs lignées se sont développées, ont coexisté parfois, chacune apportant sa réponse aux défis posés par l’environnement.

Le propos n'est pas d’entrer dans tout le détail de la succession et de la coexistence des espèces paléoanthropologiques sujettes à des remises en cause régulières au gré des découvertes mais de présenter la vie et les productions des Hommes des temps préhistoriques et la continuité que nous entretenons avec nos ancêtres.


Le visiteur est invité à entrer dans le temps long…

À faire connaissance avec nos lointains ancêtres et à mesurer l’impact des premières découvertes de fossiles humains au XIXe siècle qu’accompagne la naissance de nouvelles disciplines : la préhistoire et la paléoanthropologie.

À changer de regard, à se débarrasser de tout a priori sur l’Homme préhistorique ou les espèces de la lignée humaine les plus anciennes pour mieux apprécier ses capacités d’innovations, technologiques et culturelles, toujours renouvelées et à découvrir les parts de « modernité » de la lignée Homo, même aux temps les plus anciens.

À suivre les grandes migrations des hominidés qui partent vers l’Eurasie et l’Ouest européen à partir de notre berceau d’origine, l’Afrique.

À comprendre le basculement progressif de l’humanité, à partir de - 10 000 ans, vers une économie de production. Auparavant essentiellement chasseurs, cueilleurs et pêcheurs, certaines communautés vont se sédentariser et produire leur alimentation : de nombreuses espèces animales et végétales vont être domestiquées ; des outils adaptés à ces nouveaux besoins vont apparaître et se diversifier de plus en plus.

À aborder le Néolithique dans sa diversité. Les différentes parties du monde expérimentent chacune à leur façon, à leur rythme et selon leur culture, ces nouvelles interactions avec les animaux et les plantes.


La muséographie

Elle se déploie sur 3 niveaux qui permettent d’articuler le propos : la présentation des différentes espèces humaines se déploie au niveau 1 et se conclut par la valorisation des spécimens originaux dans « L’abri des ancêtres ».

La mezzanine offre une expérience plus contemplative, avec notamment « La salle des trésors » où sont exposées des pièces phares illustrant les productions symboliques et artistiques de l’Homme de Cro-Magnon, au Paléolithique supérieur. Le visiteur retrouve Homo sapiens au niveau 2, au Néolithique, à l’aube de la première mondialisation.

4 grands plateaux blancs rythment la temporalité du parcours. Les représentants de la lignée humaine sont scénarisés debout sur ces esplanades : les moulages des crânes sont montés sur des supports métalliques et leurs silhouettes reproduites au sol, telles des ombres, traitées comme des reliefs topographiques.

1 site de fouille reconstitué (Barogali à Djibouti) datant de - 1,6 à - 1,3 million d’années, dévoile le comportement social d’un petit groupe d’Homo ergaster africains et le travail des scientifiques pour faire parler les restes fragmentaires de ce foyer de dépeçage de viande d’éléphant et de débitage d’outils.

2 salles abritent les fossiles humains originaux et d’exemplaires productions artistiques et symboliques.

1 immense vitrine (12 m de long) reconstitue l’environnement européen au Paléolithique et présente des dizaines d’animaux naturalisés dont de magnifiques spécimens de renne, de cheval et un crâne d’ours des cavernes.

1 installation originale faite de panneaux de feutre découpés et brodés permet de comprendre la diversité du processus de néolithisation dans 7 régions du monde (Chine, Proche-Orient, Japon, Europe, Asie centrale, Afrique, Amérique).

3 grandes vitrines thématiques réunissent plusieurs centaines d’objets, témoignant des nouvelles relations à l’environnement qui se mettent en place à partir de - 10 000 ans : le processus de domestication dans ses aspects techniques et culturels, la transformation des minerais, de l’argile et la vie culturelle et symbolique qui se construit progressivement autour et avec les plantes et animaux domestiqués.

1 vitrine alcôve prépare le visiteur à aborder notre monde actuel, illustrant par des objets les rapports au sein des sociétés, l’apparition de nouveaux pouvoirs temporel et spirituel, la transformation de l’habitat et les relations conflictuelles et commerciales entre les communautés. Les modifications morphologiques des Hommes ainsi que l’apparition de nouvelles maladies sont également présentées, montrant comment des modifications culturelles changent les corps.


Les trésors des collections

Les collections originales de fossiles humains et d’archéologie préhistorique sont valorisées dans deux espaces privilégiant la contemplation et l’émotion.

L’abri des ancêtres

La rencontre avec les restes fragmentaires d’Homo sapiens et d’Homo neanderthalensis, s’effectue dans un espace privilégié, à l’écart du parcours. Les crânes, os fossiles et parures sont présentés comme des trésors derrière des vitrages au design travaillé. Des textes détaillent les circonstances de leur découverte. En 1868, dans l’abri de Cro-Magnon des Eyzies-de-Tayac en Dordogne, Louis Lartet découvre plusieurs ossements dont le crâne d’un adulte ayant vécu il y a 28 000 ans, ainsi que des parures. Celui que l’on appelle « le vieillard » est présenté à proximité de la femme de l’abri Pataud et de la tête de la Dame de Cavillon, recouverte de coquillages.

 

Crâne de Cro-Magnon dit le vieillard, Paléolithique supérieur, France © MNHN - JC Domenech

Crâne de Cro-Magnon dit le vieillard, Paléolithique supérieur, France © MNHN - JC Domenech, par JC Domenech

Aux côtés de ces représentants des Homo sapiens figurent des Néandertal, l’Homme de la Chapelle-aux-Saints, l’Homme de la Ferrassie, l’enfant du Pech-de-l’Azé.

La salle des trésors 

L’art est le dénominateur commun des œuvres présentées dans une salle située en mezzanine. Dans la pénombre, quatre objets majeurs, datant du Paléolithique supérieur, sont exposés dans d’étroites vitrines offrant une très grande proximité : la Vénus de Lespugue, statuette en ivoire de mammouth ; la plaque de la Madeleine, représentant un mammouth ; le bâton percé de Montgaudier en bois de renne et le propulseur aux bouquetins affrontés, en bois de renne, provenant de la grotte d’Enlène en Ariège. Un grand multimédia (film de 5 min) dévoile, en une fresque murale de 7 m de long, la beauté et la variété de l’art pariétal, des parois peintes aux parois sculptées, illustrant ainsi la permanence d’une forme de langage universel, abstrait ou conventionnel. Des tableaux et sculptures du XIXe et de la première moitié du XXe siècle illustrent la vision de l’Homme préhistorique, longtemps prisonnière de clichés.

 

Vénus de Lespugue, Paléolithique supérieur, Ivoire de mammouth, France © MNHN - JC Domenech

Vénus de Lespugue, Paléolithique supérieur, Ivoire de mammouth, France © MNHN - JC Domenech, par JC Domenech