Conférence

Mercredi 6 avril 2022

Une rencontre avec Evelyne Heyer, anthropologue généticienne, et Carine Giovannangeli, biologiste moléculaire.

Horaires

De 18 h à 19 h 30

Publics

Adulte

Accès

Auditorium Jean Rouch

Musée de l'Homme

Tarifs

Entrée libre et gratuite

Réservation en ligne conseillée

Un format novateur et une expérience inédite : participez à une rencontre interactive avec des chercheurs, initiez-vous à la démarche scientifique et prenez la parole au Musée de l’Homme !

Dans le cadre de cette rencontre, le musée vous propose d'explorer la thématique des manipulations génétiques. Quelles sont aujourd'hui les possibilités de manipulation de l'ADN ? Quelles perspectives scientifiques offrent-elles ? Quelle place donner à ces manipulations dans nos sociétés actuelles ?

Evelyne Heyer est professeure d’Anthropologie génétique au Muséum national d’Histoire naturelle où elle mène des recherches sur l’évolution génétique et la diversité de notre espèce. Pour cela elle mène des travaux de terrain en Asie Centrale et Afrique Centrale et elle a publié plus de 100 articles scientifiques. Son laboratoire est situé au Musée de l’Homme où elle dirige une unité de recherche en Eco-Anthropologie. Elle s’implique fortement dans le projet de rénovation du Musée de l’Homme dont elle est le commissaire scientifique général. Le Musée de l’Homme rénové a ouvert ses portes en octobre 2015. Elle est commissaire scientifique de la première grande exposition temporaire du nouveau Musée de l’Homme : « Nous et les Autres - des préjugés au racisme ». En 2020, elle est commissaire scientifique de l'exposition « Aux frontières de l'humain », exposition temporaire du Musée de l'Homme. En 2010 elle est nommée « Chevalier de l’Ordre National du Mérite » et en 2017 « Chevalier de la Légion d’Honneur ». Elle est lauréate du prix Diderot-Curien 2017 récompensant une personnalité pour son investissement dans le champ des cultures scientifique, technique et industrielle. Elle a dirigé l’ouvrage collectif « Une belle Histoire de l’Homme » chez Flammarion (2015), publié avec Carole Reynaud-Paligot les livres « Nous et les Autres – des préjugés au racisme » (2017) et « On vient vraiment tous d’Afrique » (2019). Elle a également publié « L’Odyssée des gènes », chez Flammarion (2020).

Carine Giovannangeli est diplômée en Physique de l'École Normale Supérieure (Lyon) et a obtenu son doctorat en Biophysique (Université Paris VI) en 1992 sur la caractérisation biophysique et biologique de structures inhabituelles d'acides nucléiques sous la direction de Claude Hélène. Elle a ensuite été embauchée par le CNRS en 1992 et a passé quelques années à l'Institut Pasteur à travailler sur le VIH et les stratégies d'inhibition basées sur le ciblage des acides nucléiques du génome viral. Au cours des dernières années au Museum national d'Histoire naturelle (Paris), son groupe s'est concentré sur l'optimisation des méthodes d'édition du génome à l'aide des protéines TALE et des systèmes CRISPR/Cas en caractérisant les mécanismes de réparation de l'ADN associés aux modifications du génome induites par les nucléases et en fournissant des ressources dans le domaine (TACGENE). Récemment, le groupe étend ses études sur les mécanismes de réparation de l'ADN aux tardigrades, des animaux connus pour leur résistance exceptionnelle, notamment aux stress génotoxiques, dans le but d'examiner les bases moléculaires de la résistance du génome tardigrade. En 2020, elle est conseillère scientifique pour l'exposition « Aux frontières de l'humain », exposition temporaire du Musée de l'Homme.

Mercredi 6 avril 2022 à 18 h à l'auditorium Jean Rouch - Durée : 1 h 30.
Rendez à l'accueil du musée.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée sur billetterie.museedelhomme.fr

Avec le soutien de la Société des Amis du Musée de l'Homme.

Les chercheuses répondent à vos questions

- Est-ce qu'on peut savoir avec l’ADN s'il y a eu des changements de population et les dater ?

On peut retracer avec l'ADN des éléments de l'histoire des populations : s'il y a eu ou non une croissance démographique, si des mélanges avec d'autres populations ont eu lieu et les dater, si ces mélanges ont eu lieu par les femmes ou les hommes... C'est d'ailleurs ce que je raconte dans mon livre "L'Odyssée des gènes".

- J'aimerais bien savoir pourquoi la génétique montre qu'à un moment les gens ont été d'un seul groupe au Maghreb ?

De mémoire la génétique ne montre pas cela mais au contraire des mélanges et des migrations. Si l'on compare une population dont les individus ont surtout des ancêtres européens, une population dont les individus ont surtout des ancêtres d'Afrique sub-saharienne et une population dont les ancêtres sont surtout du Maghreb, on peut retrouver, avec des calculs statistiques, à partir des données génétiques, 3 groupes qui correspondent à peu près à chacune de ces populations et entre ces "groupes" beaucoup de mélanges. On est en général légèrement plus semblable génétiquement à un individu dont les ancêtres sont proches géographiquement des nôtres.