Un personnage se fond dans le décor de la ville.
Film

« Ghost in the Shell » de Mamoru Oshii (1995)

Dimanche 23 janvier 2022

Cette projection sera suivie d’une discussion avec l’anthropologue Maxime Derian.

Dans un futur proche, le major Motoko Kusanagi est une femme d’exception, une « kidōtai », à savoir un membre des forces spéciales japonaises. Il s'avère que son corps a subi tant de modifications cybernétiques qu'elle ne peut pas démissionner. En effet, si elle quitte son poste, elle doit rendre tout l'équipement fourni et cela équivaut à rendre la majeure partie de son corps fourni par ses employeurs. Seul son système nerveux lui appartient encore, tout le reste de sa personne est équivalente à un précieux outil de travail, faisant office de « carapace offensive » (Kōkaku). Elle vit donc, en permanence, dans une situation paradoxale puisqu'elle bénéficie de capacités augmentées mais est, de fait, aliénée de sa liberté. Son esprit « Ghost » est désormais prisonnier d’une enveloppe artificielle « Shell ». En affrontant le Puppet Master, l’antagoniste principal du film, elle fait la rencontre d’une créature énigmatique, libre et décorporée dont l’esprit « Ghost » s’exprime, lui, à travers les « interfaces système » (autre sens du mot « Shell » en anglais).

Ghost in the Shell illustre brillamment les questions posées par l'augmentation, la réparation et la mécanisation du corps humain hybridé avec des dispositifs numériques implantés, ce que Maxime Derian exprime à travers son analyse du rapport dialectique entre les concepts de « Métal » et de « Chair ».

Maxime Derian est anthropologue. Il est spécialisé dans l’étude des techniques au sein des sociétés industrialisées. Il a participé à différentes recherches portant sur les usages sociaux des outils numériques (prothèses bioniques, implants numériques, prothèses cognitives), notamment en matière de e-Santé. Son thème principal de recherche concerne l'impact sur les humains de la diffusion des outils numériques. Il est actuellement chercheur au C²DH (Université du Luxembourg) et membre de l’OMNSH (Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines).

Dimanche 23 janvier 2022 à 15 h - Auditorium Jean Rouch.
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée.

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