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Exposition "Dernier repas à Pompéi" © MNHN
Exposition "Dernier repas à Pompéi" © MNHN

Une archéologie des pratiques alimentaires romaines

Les fouilles des cités de Pompéi et d’Herculanum, englouties lors de l’éruption du Vésuve en -79, ont mis au jour de nombreux vestiges alimentaires qui ont permis d'approfondir nos connaissances sur les manières de s’alimenter dans la Rome antique.

Comment s'approvisionnaient les habitants de Pompéi ?

Les modes d’approvisionnement en nourriture dépendaient fortement du statut social des habitants durant l’Antiquité. Les habitants les moins aisés n’avaient pas assez d’équipements pour confectionner leurs repas, ils devaient donc les acheter déjà préparés.

De véritables fast-foods de l'Antiquité !

Les fouilles de Pompéi ont permis de découvrir une douzaine de thermopolii, des comptoirs vendant de la nourriture qui étaient fréquentés par les habitants les plus pauvres n'ayant pas de cuisine. Les clients y choisissaient les aliments stockés dans des jarres appelées dolia pour composer leur repas chaud à partir de pain accompagné de poisson salé, de fromage, de lentilles et de vin aux épices. Ensuite, ils sont servis dans des petits pots, prêts à être emportés.

D'autres citoyens romains démunis apportaient leur nourriture dans l'une des 42 boulangeries de Pompéi pour la faire cuire au four.

Une cuisine à soi…

Les familles plus aisées avaient assez d’équipements pour faire leur propre nourriture. Leurs maisons comportaient une petite pièce donnant sur la rue et ayant sa propre entrée. Appelée la taberna, elle servait de boutique ou de lieu de stockage pour les denrées alimentaires.

Exposition "Dernier repas à Pompéi" - Musée de l'Homme © MNHN

Quelles étaient leurs habitudes alimentaires ?

À chaque heure son repas

Au cours de la journée, les Romains prenaient différents repas :  

  • au matin, le petit déjeuner était trės léger et consistait en une coupe d'eau fraîche et un morceau de pain ;
  • à midi, seuls quelques un déjeunaient rapidement d'un pain avec du fromage, des olives et des fruits ;
  • à 16 h commençait la Cena qui pouvait durer trois heures. Il se composait de trois services : au premier, le hors-d’œuvre à base d'œufs durs, d'olives, de figues et de laitues. On l’accompagnait de vin au miel. Ensuite, on mangeait cinq plats chauds comportant des ragoûts, de viandes et de poissons. Puis, après une prière et une offrande aux dieux lares, on dégustait le dessert, la bellarla, associant fruits, pâtisseries, miel et confitures.

Les repas des familles les plus aisées donnaient lieu à des banquets. On y mangeait allongé sur des banquettes installées dans la salle à manger, appelée le triclinium. C’était la pièce la plus richement ornée de la maison. Les convives se servaient de la main droite pour saisir les aliments avec des fourchettes et des cuillères.

Connaissaient-ils les bonnes manières ?

Lors de ces banquets, il était important de respecter les « bonnes manières », des règles d’hospitalité dont on a retrouvé la trace grâce à l’analyse iconographique de fresques et à la lecture d’auteurs, comme Apulée, Pline le Jeune ou Cicéron. L'hôte devait par exemple partager les meilleurs morceaux avec son invité d'honneur, qui était placé à la droite du lit central. Des présents devaient être offerts aux invités à la fin du repas, sous forme de mets ou de vaisselle.

Pour les occasions spéciales, les invités se parfumaient et se paraient de couronnes de fleurs. Un roi du festin était élu ; celui-ci définissait le nombre de coupes de vin que les invités devaient boire. En revanche, tout invité devait faire preuve de contrôle et ne pas s'effondrer sous les effets de la boisson.

Exposition "Dernier repas à Pompéi" - Musée de l'Homme © MNHN

Quand l'archéobotanique redonne goût au passé

Les études d'archéobotaniques menées sur les vestiges alimentaires de Pompéi ont permis d'enrichir notre connaissance sur les modes d'alimentation dans l'Antiquité. 

L'archéobotanique regroupe ainsi un ensemble de disciplines scientifiques visant à étudier les vestiges d'origine végétale en relation avec les sociétés humaines du passé. Les archéobotanistes s'intéressent aux fruits, graines, feuilles, fleurs, grains de pollen, bois, charbons de bois et phytolithes découverts dans les sites archéologiques. Parmi eux, les carpologues sont spécialisés dans l'analyse des fruits, graines alimentaires et condiments.

Le développement de cette discipline a permis de réaxer l’archéologie et les fouilles sur d'autres éléments que le mobilier, et de mettre au jour d’autres aspects des sociétés du passé comme leurs modes d’alimentation.

Le Muséum national d'Histoire naturelle abrite l'Unité mixte de recherche intitulée « Archéologie, archéo-botanique : sociétés, pratiques et environnements ». Elle rassemble des chercheurs travaillant sur les relations entre les sociétés anciennes et leur faune et flore, à partir des vestiges organiques retrouvés dans les sites archéologiques et leurs environs.

Régalez-vous à la romaine avec une recette aux figues !

Pour terminer, une recette gourmande et sucrée typiquement romaine de beignets de figues.

Ingrédients (pour 40 beignets environ) :

  • 500 grammes de figues fraîches :
  • 170 grammes de farine ;
  • 3 cuillères à soupe de miel liquide ;
  • 2 œufs ;
  • 15 centilitres de lait ;
  • huile de friture.

Préparation :

Dans un saladier, battre les œufs en omelette, ajouter le lait et la farine. Bien mélanger au fouet pour éliminer les grumeaux.
Passer les demies figues dans la pâte à beignets.
Plonger les demies figues dans l'huile de friture frémissante. Lorsqu'elles sont dorées, les sortir à l'aide d'une écumoire. Compter 4 à 5 minutes.
Les disposer sur du papier absorbant et recommencer l'opération.
Pour finir, rouler les beignets dans le miel liquide.

Retrouvez d’autres recettes inspirées de la cuisine romaine dans l’exposition « Dernier repas à Pompéi », jusqu’au 4 janvier 2021.

Exposition "Dernier repas à Pompéi" © MNHN