Fermeture exceptionnelle

Suite aux dernières annonces du gouvernement, le Musée de l'Homme reste fermé.

Nous vous communiquerons dès que possible les modalités de réouverture.

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Récolte de dattes, près de la source de Jubba, oasis de Siwa, Égypte, le 2 novembre 2014 © MNHN - Vincent Battesti
Récolte de dattes, près de la source de Jubba, oasis de Siwa, Égypte, le 2 novembre 2014 © MNHN - Vincent Battesti

Le projet scientifique

Les chercheurs présents au musée ont pris l’Homme comme objet d’étude selon des perspectives complémentaires : l’étude biologique et son évolution, l’étude des comportements techniques, culturels et symboliques, les interactions entre sociétés et environnement. Les disciplines correspondant à ce vaste champ d’étude se sont développées et structurées au cœur de l’institution.

Un même sujet d’étude, une approche interdisciplinaire

Si les méthodes d’observation et d’analyse varient, leur application à un sujet commun les rend complémentaires. L’interdisciplinarité, de la recherche au Musée de l’Homme ne se conçoit pas sans collaborations avec les autres départements scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle, notamment avec les écologues, les géologues, les archéologues… et avec d’autres laboratoires en France et à l’étranger.

Les champs d’investigation

L’étude biologique de l’Homme et de son évolution

Il s’agit de mieux comprendre les caractéristiques biologiques qui singularisent les différentes espèces d’Hommes connues à ce jour, d’acquérir des données sur les périodes clés de notre histoire : l’apparition du genre Homo vers 2,8 millions d’années ou celle des Hommes modernes vers 300 000 ans, les causes des premières sorties d’Afrique, la coexistence de plusieurs espèces, l’extinction des néandertaliens. À partir d’une origine africaine commune et relativement récente, les adaptations biologiques et culturelles des Homo sapiens à des régions et des milieux très différents depuis 200 000 ans sont un des thèmes d’études privilégiés au regard de l’apport récent de la génétique. L’étude biologique de l’Homme (ses os et ses gènes) nous renseigne sur notre histoire, sur les conditions du peuplement de l’ensemble du monde, les raisons des migrations et sur la diversité biologique actuelle.

Mesures anthropobiologiques avec Paul Verdu chez les Bongo - Iwaci - Gabon - 2009 - © MNHN - Serge Bahuchet

L’étude des comportements techniques, culturels et symboliques de l’Homme

L’Homme est un animal social  : l’étude de l’évolution et de la diversité biologique de notre espèce ne peut s’envisager sans prendre en compte les interactions entre le biologique et le culturel. L’objectif est de caractériser, d’analyser et de reconstituer des comportements techniques, de subsistance, des comportements artistiques et symboliques, de dégager des traditions culturelles et d’identifier leur répartition spatiale et temporelle. Les productions matérielles et artistiques, du passé le plus lointain (silex taillés, art rupestre et mobilier) au présent, sont les marqueurs des capacités cognitives et adaptatives de l’Homme, les témoins de ses relations étroites avec le monde minéral, animal et végétal. La génétique permet de son côté de retracer des comportements du passé.

 

Le site archéologique de Kalinga aux Philippines en cours de fouilles. Ces ossements fossiles et les outils en pierre taillée sont vieux de 709 000 ans © Thomas INGICCO, Mission archéologique MARCHE (MEAE)

 

Les interactions entre les sociétés et l’environnement

L’enjeu est de cerner le comportement des sociétés face aux ressources naturelles, de comprendre comment et pourquoi se sont produites les mutations de l’histoire de l’humanité, comment les chasseurs-cueilleurs nomades ont basculé vers le mode de vie sédentaire, comment des sociétés de plus en plus complexes se sont adaptées, dans des situations très diverses, aux modifications de leur environnement qu’elles ont souvent elles-mêmes induites. Les changements climatiques, l’augmentation ou la réduction des ressources disponibles, les déplacements vers de nouveaux territoires sont causes de « stress environnementaux » auxquels l’Homme apporte des réponses biologiques mais aussi culturelles (par exemple la modification de l’alimentation). De tels changements sont souvent à l’origine d’innovations techniques et comportementales majeures. L’observation fine des peuples contemporains offre des modèles pour la compréhension des phénomènes du passé.

Nettoyage des palmiers au moment de la récolte des dattes, palmeraie de Taturbant, oasis de Siwa, Égypte, le 26 novembre 2013 © MNHN - Vincent Battesti
Bangladesh, Mahasthangarh : la préparation de la terre de culture s'effectue le plus souvent à l'araire. © MNHN - Annie Montigny
Inités à la confrérie du Mabandji à la fin d'une cérémonie chez les Tsogho - Okolassi - Gabon - 2010 © MNHN - Sylvie Le Bomin
Désherbage à la faucille d’un jardin dans la palmeraie de Qoṭa, oasis de Siwa, Égypte, le 20 novembre 2013 © MNHN - Vincent Battesti

Une recherche en forte résonance avec l’actualité

Les travaux des scientifiques au sein du Musée de l’Homme et plus largement du Muséum national d’Histoire naturelle, centrés sur la diversité de l’Homme, sur ses relations avec la nature, prennent une résonance très forte avec l’actualité. Notre paysage actuel, largement anthropisé (façonné par l’Homme), est le fruit de siècles et même de millénaires d’activités humaines et nous subissons actuellement les conséquences aussi bien des actions de nos ancêtres que du développement de nos sociétés contemporaines.

Jardin partagé, repas partagés à la Bushwick City Farm, Brooklyn, New York, États- Unis, le 2 mai 2015 © MNHN - Vincent Battesti
Procession des pénitents du vendredi saint, Pâques en Castagniccia, Campana, Corse, le 20 mars 2018 © MNHN - Vincent Battesti

Devenu un accélérateur de l’évolution, l’Homme doit maintenant s’interroger sur les changements que connaît le milieu, leurs répercussions sur le climat, le déclin de la biodiversité… autant d’éléments dont il porte une large responsabilité. Dans cette perspective, étudier les stratégies d’adaptation mises en œuvre dans le passé offre plusieurs scénarii que pourront développer les sociétés de demain pour absorber ces changements.

Promenades familiales sur les ponts du Nil, Le Caire, Égypte, le 3 novembre 2015 © MNHN - Vincent Battesti
Place Tahrir, révolution égyptienne en cours, Le Caire, Égypte, le 9 avril 2011 © MNHN - Vincent Battesti

Grâce à la complémentarité des approches et des compétences, les travaux des chercheurs ont vocation à s’emparer de sujets transversaux, traversant les âges, des temps préhistoriques à notre époque contemporaine, en lien direct avec les problématiques les plus brûlantes aujourd’hui : la faculté humaine à adapter son comportement face à des changements rapides, la persistance de traditions techniques et culturelles dans les sociétés, les différences hommes-femmes, les migrations…

Les mariés de la noce dans le quartier populaire de Darb el-Ahmar, centre historique, Le caire, Égypte, le 31 mars 2011 © MNHN - Vincent Battesti
La partie « profane » de la fête annuelle (‘aīd al-siyaha), occasion de rencontres, Dakrūr, oasis de Siwa, Égypte, le 27 octobre 2015 © MNHN - Vincent Battesti